Ne laissons pas le virus de la corruption se répandre dans le monde

Ne laissons pas le virus de la corruption se répandre dans le monde

En droit, la corruption est un délit sans victime. En réalité, ce sont les citoyens et souvent les plus fragiles qui sont les plus touchés.

La pandémie de COVID-19 n’a rien changé à cette situation. Les crises, qu’elle qu’en soit la nature, accentuent les inégalités. Cette pandémie affecte et continuera d’affecter la santé et le bien-être des personnes les plus vulnérables. C’est ce que Transparency international a pu constater à travers ses actions de recueil de signalements d’actes de corruption.

Transparency-International accueille et accompagne les victimes de corruption

S’il appartient avant tout aux décideurs politiques de mettre fin à la corruption, les citoyens peuvent également agir. C’est pourquoi Transparency International a créé dans 60 pays, les Centres d’assistance juridique et d’action citoyenne (CAJAC) qui permettent aux citoyens de signaler les cas de corruption et de manquements à la probité dont ils seraient témoins ou victimes, tant dans leur vie personnelle que professionnelle.

Simples citoyens, lanceurs d’alerte, journalistes, entrepreneurs, fonctionnaires, les personnes qui ont recours à ces « CAJAC » ont en commun leur détermination à prendre position contre la corruption et l’abus de pouvoir. Ils signalent des faits de corruption à grande ou petite échelle, des cas de gestion inconsidérée, des abus de pouvoir, des accords douteux portant préjudice à la collectivité et à l’environnement, ou des situations de prises illégales d’intérêt.

A l’autre bout du fil, nos juristes les accueillent, les conseillent et les accompagnent de manière confidentielle pour que leurs signalements puissent le cas échéant déboucher sur des poursuites judiciaires sans pour autant qu’ils se mettent en danger, eux ou leur famille.

Depuis 2003, notre réseau d’avocats, de chercheurs et de bénévoles a apporté un soutien à plus de 270 000 personnes dans le monde.

 

La crise sanitaire liée au COVID-19, accélérateur de corruption et d’inégalités

Sur les 40 000 personnes qui ont contacté les Centres d’Assistance Juridique et d’Action Citoyenne de Transparency International depuis le mois de janvier 2020, plus de 1 800 personnes ont signalé des cas de corruption liés à la pandémie de COVID-19.

L’analyse de ces signalements met en évidence que les faits de corruption concernent principalement les domaines de l’aide humanitaire, des services de police et des soins de santé. Bien que les cas varient d’un pays à un autre, de nombreux citoyens dénoncent la corruption qui règne dans les milieux de la police, par exemple aux contrôles aux frontières et en lien avec les mesures de confinement, et d’autres au sein des systèmes de santé, notamment pour les tests de COVID-19, l’accès aux traitements et l’acquisition de fournitures médicales.

De plus, il apparaît que les femmes sont affectées de façon disproportionnée par la pandémie, tant du point de vue sanitaire que du point de vue socioéconomique.

Pendant cette crise, les femmes sont les plus exposées au risque de perte d’emploi, de revenu, de leur épargne …. De plus, la pandémie exacerbe aussi la violence fondée sur le genre, et les actes d’extorsion sexuelle, la « sextorsion » comprise.

Une crise sanitaire, économique et éthique

Impossible de contrôler la propagation du virus si la corruption ôte aux plus vulnérables les ressources dont ils ont besoin.  La corruption sape le fonctionnement des services de santé publique et exacerbe les inégalités. Elle divise la collectivité, séparant ceux qui peuvent se permettre d’enfreindre les règles et ceux qui n’en ont pas les moyens. Non seulement elle affaiblit notre capacité de réponse collective, mais elle peut coûter des vies, comme c’est le cas face au COVID-19.

Dans trop de pays, les personnes dans l’incapacité de payer pour cela, n’ont pas accès aux tests de dépistage, aux traitements, aux équipements de protection individuelle (EPI) et masques de protection. Dans trop de pays, les personnels soignants sont forcés de travailler en milieu hospitalier dans des conditions peu satisfaisantes, car l’argent public destiné à l’achat de matériels de santé et de protection a disparu dans les circuits de corruption, ou parce qu’une commande publique a été détournée sur un tarmac moyennant paiement d’une commission occulte.

En dépit des promesses des pouvoirs publics en aide alimentaire et économique, nombreux sont celles et ceux qui n’ont reçu aucune assistance vitale pendant la pandémie de COVID-19. Bien des gouvernements ont promis des milliards de dollars pour soulager les difficultés liées à la pandémie ; or, il arrive que la corruption empêche les aides d’arriver jusqu’à ceux qui en ont le plus besoin.

Ce que les citoyens peuvent faire

La corruption ne cessera que lorsque tous les citoyens travailleront ensemble pour transformer le système. La dénonciation des actes de corruption est l’un des moyens les plus efficaces pour amorcer le changement et affirmer les droits de chacun.

C’est la raison d’être de nos CAJAC.

Partout dans le monde, ensemble, nous pouvons faire en sorte que les fonds et les services disponibles profitent à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons rester vigilants face à la corruption. Et vous pouvez nous aider.

Nous avons précisément besoin de votre aide pour que les tests de dépistage ne soient pas vendus au plus offrant, pour que les personnels de santé en première ligne disposent de protections suffisantes et puissent dénoncer en toute sécurité les actes répréhensibles, pour que l’accès aux soins soit garanti à tous, et non pas seulement à ceux qui sont disposés à payer des pots-de-vin ou sont en mesure de le faire.