10 juin 2015 – Transparency International propose 7 mesures pour une réforme de la FIFA

Alors que la FIFA est aujourd’hui ébranlée par un vaste scandale de corruption, Transparency International appelle l’organisation à rapidement se doter de programmes de lutte contre la corruption solides, tant aux niveaux international, que régional et national. Transparency International propose sept mesures clés pour une réforme globale :

1. Un comité de réforme indépendant

La FIFA doit se doter d’un comité de réforme réellement indépendant, composé de personnes externes  et non rémunérées par l’organisation. Le comité devra pouvoir mener des enquêtes et rendre publics ses rapports et recommandations. Les réformes ne peuvent pas venir de l’intérieur de la FIFA et de ceux qui ont perdu toute crédibilité.

2. De nouvelles pratiques et plus de transparence

La FIFA, ses fédérations continentales et nationales doivent tirer les conséquences de la défiance du public. Elle devrait publier les salaires des dirigeants, leurs dépenses et, en ligne avec les standards internationaux, plus d’informations sur la manière dont elle dépense ses budgets. Les fédérations nationales devraient quant à elle rendre publiques les sommes qu’elles reçoivent de la FIFA et comment elles les utilisent.

3. Agenda 2020 du CIO et actions urgentes

La FIFA devrait s’inspirer des recommandations figurant dans l’Agenda 2020 du Comité International Olympique (CIO). Des actions urgentes devraient être engagées pour assurer une supervision indépendante et un système de contrôle. Concrètement, la FIFA devrait instaurer :

  •  Des vérifications préalables pour toute personne nommée ou élue à une fonction dirigeante, incluant les délégués au congrès
  •  La présence au sein du Comité exécutif de directeurs non exécutifs indépendants
  •  Une limitation de la durée des mandats des membres du Comité exécutif
  •  Des procédures de conformité transparentes pour tout membre de la FIFA sollicitant un support financier

4. Des mesures d’urgence pour le Qatar et la Russie

Si les allégations de corruption concernant l’attribution de ces coupes du monde étaient établies, de nouvelles procédures de sélections devraient avoir lieu. La FIFA doit par ailleurs exiger le respect des Droits de l’homme et de normes anti-corruption dans l’organisation des Coupes du monde 2018 en Russie et 2022 au Qatar. Tant dans ces deux pays qu’au niveau international, la société civile doit participer à la mise en œuvre et au contrôle de ces engagements, notamment concernant les conditions de travail. Personne ne devrait perdre la vie pour le sport.

5. Responsables publics

Les responsables publics ont eux aussi un rôle à jouer dans la réforme de la FIFA en adoptant à un niveau international un code de conduite pour le sport qui serait applicable à leurs relations avec la FIFA et les autres organisations sportives.

Ce code de conduite devra contenir des dispositions sur les conflits d’intérêts et le pantouflage (par exemple, des ministres des sports devenant président d’une fédération nationale), des obligations de conformité, transparence et redevabilité pour les financements publics, prévoir des relations strictement professionnelles avec les dirigeants du sport et les athlètes ainsi que des règles pour les invitations.

6. Sponsors

Les sponsors doivent agir collectivement pour faire pression sur la FIFA, les confédérations et fédérations nationales afin qu’elles appliquent les standards les plus élevés en matière d’éthique et de conformité. Cela passe notamment par une plus grande transparence sur les contrats et les invitations de VIP.

Les organisations sportives, de défense des Droits de l’Homme, de protection des travailleurs et de lutte anti-corruption devraient susciter le développement de standards internationaux pour les sponsors. Si ces derniers décidaient de rester inactifs, les supporters pourraient les faire changer d’avis.

7. Média

Le scandale de corruption à la FIFA souligne également le besoin de renforcer les règles de  transparence et de conformité dans la cession des droits de diffusion télévisés. Ces règles devront viser également les sociétés qui achètent et revendent ces droits sur des marchés situés dans différentes zones géographiques.

 

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