12 mai 2016 – Transparency International salue les engagements pris lors du Sommet anti-corruption et appelle à une action immédiate

Transparency International salue les nombreux engagements pris aujourd’hui par les gouvernements lors du Sommet anti-corruption et appelle à prendre des actions concrètes dans les plus brefs délais.

Berlin, le 12 mai 2016

« Ce sommet constitue une avancée dans la lutte contre la corruption, mais il reste beaucoup à faire. Nous félicitons les pays qui se sont engagés; mais il est difficile de saluer ceux qui ne parviennent pas encore à faire des progrès suffisants. Il faudra plus que des mots pour restaurer la confiance entre les gouvernements, les entreprises et la société civile et avancer sur la base d’un agenda commun. Il faudra des actions concrètes pour provoquer un réel changement », a déclaré Jose Ugaz, président de Transparency International.

Parmi les bonnes initiatives à souligner : 12 pays vont mettre en place, ou s’engagent à le faire, des registres publics auxquels figureront les informations sur l’identité des bénéficiaires effectifs des sociétés. Soulignons aussi la création d’une plateforme internationale permettant le partage d’informations entre les différents organismes chargés de traquer l’argent issu de la corruption et un forum international pour accélérer la restitution des avoirs volés aux pays victimes.

Transparency International avait appelé les dirigeants à prendre des engagements ambitieux et concrets avant le Sommet. Si certains ont relevé le défi d’autres semblent se contenter du statu quo.

Alors que 11 nouvelles juridictions se sont mis d’accord pour partager les informations sur les bénéficiaires effectifs des sociétés, certains acteurs majeurs manquent à l’appel, y compris de grandes économies telles que les États-Unis.

José Ugaz, Président de Transparency International, a déclaré:

« Révéler la corruption ne suffit pas. L’impunité doit aussi cesser. Les corrompus doivent faire face aux conséquences de leurs crimes. Nous avons appelé les pays à faire des propositions concrètes et ambitieuses pour prévenir et punir les actes de corruption et protéger ceux qui luttent courageusement contre. Certains pays ont relevé le défi, alors que d’autres non. A compter de ce jour, six pays se sont engagés à publier sur des registres publics l’identité des véritables propriétaires d’entreprises, et six autres se sont engagés à explorer cette proposition. Levant ainsi le voile sur les intermédiaires ou les bénéficiaires de l’argent de la corruption. Nous nous félicitons également du fait que certains gouvernements s’engagent à faire la lumière sur leurs propres activités en rendant accessible l’information sur les marchés conclus et les contrats.

Le Royaume-Uni a réussi à rassembler plus de 40 pays ainsi que les dirigeants d’institutions clés lors de ce Sommet. Nous regrettons en revanche qu’il n’ait pas réussi à obtenir d’engagements de ses propres territoires d’outre-mer, comme le premier ministre le soulignait à juste titre.

Le Sommet a permis de braquer les projecteurs sur le problème majeur de la corruption et sur les moyens de la combattre. Il a aussi mis au cœur des débats ce qui lui permet d’exister : le secret. Alors que des gouvernements se sont engagés à rendre public les informations sur les corrompus qui chercheraient à cacher leurs avoirs illicites, nous ne crierons pas victoire tant que ces engagements ne seront pas inscrits dans la loi. »

POINTS CLÉS:

Transparence : le Sommet Anti-corruption a été le premier en tant que tel à rassembler des leaders de tous les pays autour de la lutte contre la corruption. Plus encore, le Sommet a été filmé dans son intégralité et a invité les gouvernements, les entreprises comme la société civile à participer. C’est un standard que tous les Sommets devraient respecter.

Sport : les organisations sportives ont pris conscience de la nécessité d’opérer de profondes réformes : les problèmes liés à la corruption ne peuvent plus être occultés. L’initiative de lancer un partenariat international de l’intégrité sportive en 2017 doit inclure toutes les parties prenantes concernées: des sponsors aux athlètes, des organismes internationaux aux représentants de la société civile.

Centre international pour la collaboration dans l’application de la loi : la corruption est un crime transfrontalier qui exige une réponse coordonnée. Ce centre permettrait de mettre en commun l’expertise, les ressources et les connaissances nécessaires à une collaboration effective pour mener des enquêtes et punir les auteurs de ces crimes. Le Centre doit pouvoir recevoir des informations provenant de lanceurs d’alerte et d’organisations de la société civile de manière sûre et sécurisée.

Transparence sur l’identité des bénéficiaires réels de biens immobiliers et de marchés publics : nous saluons vivement l’initiative du Royaume-Uni d’exiger la transparence totale sur les entreprises qui possèdent actuellement ou achèteront des biens au Royaume-Uni. Nous saluons aussi le fait que d’autres pays s’engagent à consolider leurs propres marchés de l’immobilier afin de fermer la porte à l’argent sale provenant de l’étranger.

 Le registre français des trusts ne va pas assez loin, la réaction de Transparency France du 12 mai 2016

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