COP30 : la France doit maintenir son refus d’enregistrer dans sa délégation nationale des lobbyistes des énergies fossiles

À quelques semaines de la COP30 de Belém, Transparency International France appelle la France a maintenir sa bonne pratique initiée lors de la précédente COP29 de Bakou, et à refuser de nouveau d’accréditer des lobbyistes représentant des entreprises d’extraction d’énergies fossiles dans sa délégation nationale. Il s’agissait d’un changement bienvenue puisque durant la COP28 à Dubaï, la France avait accrédité 6 lobbyistes de Total Energies dans sa délégation, dont son PDG Patrick Pouyanné.

Ces présences de lobbyistes au sein des délégations nationales participent à une confusion des genres, entre intérêts publics représentés par les Etats qui cherchent à négocier une baisse de la consommation des énergies fossiles, et intérêts privés d’entreprises qui tirent leur chiffre d’affaires de cette extraction. Les représentants de ces énergies peuvent participer aux COP, mais à leur juste place, c’est-à-dire au sein des délégations d’organisations observatrices qui peuvent bénéficier de badges attribués par les Nations-Unies, et non pas en tant que « party overflow » enregistrés par un État-parti.

C’est d’autant plus important que la présence des lobbyistes fossiles lors des COP est croissante d’année en année par rapport au nombre total de participants :

Ces estimations sont probablement en deçà de la réalité car le système d’enregistrement aux COP est lacunaire. Par exemple, lors de la COP29, 15% des participants n’avaient pas déclaré leur affiliation, rendant impossible l’identification de conflits d’intérêts (il s’agissait à 90% de détenteurs d’un badge octroyé par un État-parti en tant que « party » ou « party overflow »).

Cette présence massive de lobbyistes fossiles durant les COP risquent de leur permettre d’exercer une influence indue sur les négociations. S’il est évident que la simple présence physique d’un lobbyiste dans une délégation ne peut suffire à elle seule à faire basculer le cours des négociations, elle a tout de même un effet concret sur leur déroulé. C’est ce qu’a démontré le rapport « Behind the badge » publié par Transparency International Secretariat, fondé sur de multiples interviews de négociateurs présents aux COP.

Transparency International France se joint donc à l’effort mondial initié par la société civile pour garantir des COP intègres, en interpellant les ministres des affaires étrangères Jean-Noël Barrot, et de la Transition écologique Monique Barbut, par des courriers que nous publions ici.

Pour aller plus loin :

Courrier adressé au Ministre des affaires étrangères Jean Noël Barrot

Courrier adressé à la Ministre de la Transition écologique Monique Barbut

Lettre ouverte adressée en mars 2025 à la présidence brésilienne de la COP30 et co-signé par 264 organisations et personnalités de la société civile mondiale.

Rapport “Fueling delay : How fossil fuel interests shape global climate negotiations» de Transparency International Secretariat

“Check-list” adressée aux membres des délégations nationales

S'abonner à notre newsletter

Veuillez saisir une adresse email valide.
Veuillez vérifier le champ obligatoire.
Quelque chose a mal tourné. Veuillez vérifier vos entrées et réessayez.