
Six ans après le dernier scrutin municipal, les électeurs et électrices français sont appelés aux urnes, les dimanches 15 et 22 mars, pour renouveler leurs maires, mais aussi leurs conseillers municipaux et communautaires.
Dans un contexte marqué par des responsabilités accrues confiées aux maires, et alors que les atteintes à l’intégrité publique ne cessent de s’intensifier (+8,2% entre 2023 et 2024), l’engagement en faveur de la transparence de la vie publique locale s’impose comme une exigence démocratique.
Transparency lance sa campagne #MaVilleIntègre et appelle l’ensemble des candidat.es têtes de liste à s’engager concrètement en faveur d’une démocratie locale renouvelée et à mettre au centre de la campagne des exigences de probité et d’intégrité renforcées. Selon l’observatoire des risques de l’assureur des collectivités, les manquements au devoir de probité sont le premier motif de poursuites et de condamnation des élus locaux. Sur la mandature 2020-2026, cela représente environ 2500 élus locaux poursuivis pour ce type de délit (en particulier pour prise illégale d’intérêts).
Dans le même temps, les élu·es locaux occupent une place toujours plus déterminante dans la vie démocratique. Ils et elles incarnent, aux yeux des citoyen·nes, un pôle de stabilité et de proximité dans un paysage politique souvent perçu comme instable. La dernière étude de l’IFOP, publiée à l’occasion du congrès des Intercommunalités de France, révèle que 68 % des Français·es déclarent faire confiance à leur maire, soit une progression de six points depuis 2017. Cette confiance accrue témoigne d’un ancrage profond des dynamiques politiques locales et met en lumière le rôle central des collectivités territoriales dans la restauration de la confiance démocratique. À ce titre, l’exemplarité et la transparence à l’échelle locale apparaissent comme des leviers essentiels de cohésion territoriale et de renouveau démocratique.
Une exigence renouvelée de transparence à l’échelle locale
À chaque échéance municipale, Transparency International France formule des propositions concrètes pour renforcer l’éthique et la transparence de la vie publique locale. Conçus comme des engagements immédiatement opérationnels, ces dispositifs peuvent être mis en œuvre par les candidat·es dès le début de leur mandat.
À l’approche des municipales de 2026, Transparency International France propose dix actions structurantes, au cœur d’une démarche volontaire : les candidat·es peuvent s’engager sur l’ensemble de ces propositions ou sur celles de leur choix. Elles s’articulent autour de trois principes cardinaux — la transparence, le contrôle citoyen et l’intégrité — et visent à structurer durablement l’action publique locale :
- Mettre en place un plan de prévention de la corruption
- Créer un pôle d’audit interne, le cas échéant mutualisé avec d’autres collectivités
- Renforcer la gouvernance et le contrôle des satellites des collectivités
- Encadrer le recours aux collaborateurs de cabinet
- Publier, en début de mandat, le montant de l’ensemble des indemnités perçues par les élu·es
- Rendre publiques les rencontres entre décideurs locaux et représentants d’intérêts via un agenda ouvert
- Garantir une transparence totale des règles d’attribution des subventions aux associations
- Faciliter l’accès aux documents administratifs et donner systématiquement suite aux avis favorables de la CADA dans un délai d’un mois
- Encadrer le recours aux cabinets de conseil
- Faire de l’alerte un levier central de l’intégrité publique
Loin de constituer de simples déclarations d’intention, ces engagements traduisent une volonté d’exemplarité et de responsabilité. En choisissant de les porter, les futur·es maires affirment leur détermination à lutter concrètement contre la corruption, à renforcer la transparence de l’action publique et à répondre aux attentes croissantes des citoyen·nes en matière d’intégrité démocratique.
Un suivi déontologique rigoureux comme gage d’efficacité de l’action publique
En amont du premier tour, Transparency International France engage un dialogue direct avec les candidat·es têtes de liste afin de transformer les principes d’intégrité et de transparence en engagements concrets et vérifiables. Les engagements souscrits sont rendus publics, conformément à une logique de redevabilité démocratique, et s’accompagnent d’un appui méthodologique et opérationnel de l’ONG pour en faciliter la mise en œuvre dès le début du mandat.
Au-delà de la phase électorale, Transparency International France inscrit son action dans une démarche de suivi rigoureux et indépendant des politiques publiques locales. À l’issue du second tour, et comme lors de la mandature précédente, les engagements pris par les élu·es sont évalués à mi-mandat puis en fin de mandat. Ce monitoring repose sur des sources ouvertes, des demandes d’accès aux documents administratifs, ainsi que sur un dialogue structuré avec les collectivités concernées.
Ce suivi continu constitue un levier essentiel de prévention de la corruption. En instaurant des mécanismes d’observation, d’évaluation et de publicité des pratiques, il réduit les zones d’opacité, dissuade les comportements à risque et favorise l’appropriation durable des règles d’intégrité par les exécutifs locaux. Le monitoring permet également d’objectiver l’action publique, de mesurer les écarts entre les engagements annoncés et leur mise en œuvre effective, et d’identifier les marges de progression.
Les citoyen·nes sont les premiers bénéficiaires de cette exigence de redevabilité. Une action publique plus transparente est aussi une action publique plus efficace, mieux ciblée et davantage en phase avec l’intérêt général. En rendant visibles les décisions, les processus et les résultats, le suivi renforce la capacité de contrôle citoyen, nourrit le débat démocratique local et contribue à restaurer la confiance entre les élu·es et la population.
En valorisant publiquement les collectivités les plus exemplaires, Transparency International France entend enfin démontrer que la transparence n’est pas une contrainte, mais un facteur de légitimité politique.