[Communiqué] Indice de la Perception de la Corruption 2017 : la France est 23ème

Indice de perception de la corruption 2017 : les scandales politico-financiers ralentissent les efforts engagés

Communiqué, le 21 février 2018

Transparency International publie aujourd’hui son Indice de Perception de la Corruption, qui classe la France 23e sur 180 pays*, derrière de grandes démocraties européennes. L’ONG anticorruption appelle le gouvernement à poursuivre les efforts engagés et à mettre en oeuvre les mesures attendues, sans attendre un nouveau scandale.

Depuis l’affaire Cahuzac notamment, les thèmes de l’intégrité et de la lutte contre la corruption se sont peu à peu imposés dans le débat public. Cadre législatif renforcé, création d’autorités et d’institutions dédiées : la France a connu ces dernières années des avancées importantes. C’est le cas avec les lois de 2013 en matière de transparence de la vie publique et de lutte contre la délinquance économique et financière, avec la loi dite « Sapin 2 » de décembre 2016 en matière de prévention, contrôle et sanction de la corruption, d’encadrement du lobbying et de protection des lanceurs d’alerte et plus récemment avec l’adoption en août 2017 des lois confiance dans la vie politique. Si un changement de culture est à l’oeuvre et que les réformes engagées entraînent une évolution des pratiques, il faut du temps pour que les effets en soient ressentis en France et à l’étranger.

En revanche, le phénomène souvent observé « un scandale – une loi » ne saurait constituer une réponse satisfaisante aux perceptions négatives et à la crise de confiance que traverse notre démocratie. Transparency France appelle le gouvernement à maintenir un cap politique ambitieux pour répondre aux nouvelles exigences citoyennes et à se doter des moyens nécessaires pour prévenir d’éventuelles défaillances. De grandes mesures sont attendues :

Indépendance de la justice, pour mettre définitivement fin à la subordination des magistrats vis-à-vis de l’exécutif et ainsi lever les soupçons d’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique ;
• Non-cumul des mandats dans le temps, pour limiter les risques de dérives clientélistes, diversifier et renouveler la classe politique ;
• Prévention de la corruption dans les collectivités, pour prévenir les risques pénaux et déontologiques auxquels les élus sont exposés, avec l’adoption de 8 mesures adaptées ;
• Financement de la vie politique, pour garantir une plus grande transparence et un meilleur contrôle des comptes des partis et des candidats en période d’élection présidentielle et ainsi éviter un nouveau scandale Bygmalion ;
« La France doit tirer les leçons des récents scandales qui minent notre démocratie en mettant en place les garde-fous nécessaires pour anticiper d’éventuels manquements et recréer un lien de confiance entre les citoyens et leurs représentants. » Laurène Bounaud, Déléguée générale de Transparency France.

Contact presse

Anne Boisse
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