Biens mal acquis : le procès comme si vous étiez (semaine 1)

Semaine 1 : Au coeur du procès des biens mal acquis

Dix ans après notre premier dépôt de plainte, le procès qui nous oppose à Teodorin Obiang, Vice-Président de Guinée Equatoriale, s’est ouvert lundi 19 juin. Le fils du Président est accusé de s’être constitué un patrimoine considérable en France, en utilisant de l’argent public de Guinée Equatoriale. Le prévenu, qui ne s’est pas présenté devant le tribunal, encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende qui pourrait atteindre 50 millions d’euros.

Chaque semaine, nous vous tenons informés du procès…comme si vous y étiez.

Semaine 1 : Tentatives vaines du clan Obiang pour faire annuler le procès

Le premier jour, la tension était palpable dans la salle d’audience du Tribunal correctionnel de Paris. Bien que l’accusé ne se soit pas présenté, les avocats de Teodorin Obiang ont soulevé tous les arguments possibles pour tenter de retarder ou d’annuler le procès. William Bourdon, avocat de Transparency France a mentionné «l’obsession pathologique [de Teodorin Obiang] d’éviter ce procès.»

La Défense a d’abord tenté de faire valoir l’immunité personnelle de Teodorin Obiang et a remis en cause la compétence du juge français dans ce dossier avant de soulever des irrégularités dans la procédure. Malgré ces nombreuses tentatives, pas de renvoi : le procès doit continuer. Le juge français est bien compétent concernant des investissements réalisés en France et les exceptions de nullité seront traitées en fin de procès .

Le troisième jour du procès a permis de rappeler le patrimoine considérable accumulé par Teodorin Obiang… notamment un Hôtel particulier avenue Foch à Paris aménagé d’un hammam, d’une discothèque, d’un cinéma, d’un salon de coiffure… mais aussi des armoires pleines de vêtements de créateurs, sa collection de voitures de prestige (Rolls Royce, Bentley et Porsche) ou encore des montres d’une valeur estimée à un million d’euros.

D’après la lecture des procès-verbaux, il aurait même été question de transport de valises d’espèces.

Alors que s’ouvre la deuxième semaine du procès, l’audience de ce lundi après-midi est capitale puisqu’elle laissera la parole aux témoins. A suivre….

C’est avec beaucoup d’espoir que nous sortons de cette première semaine d’audiences, malgré les nombreuses tentatives pour retarder ou annuler la procédure, Teodorin Obiang devra bien répondre par la voix de ses avocats aux accusations de blanchiment de détournement de fonds publics.»

Laurène Bounaud, Déléguée générale de Transparency France