Publié le 10 février 2026 par Transparency International, l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 dresse un constat sans appel : la corruption progresse à l’échelle mondiale, y compris dans des démocraties pourtant bien établies. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, les résultats de l’IPC traduisent une dégradation globale et durable de la situation.

Une baisse historique du score moyen mondial
Avec un score moyen de 42 sur 100, l’IPC 2025 enregistre un recul inédit. Cette baisse marque une rupture après plus de dix ans de relative stabilité et confirme l’installation de la corruption comme un phénomène structurel, affectant de manière persistante les institutions publiques.
Cette évolution traduit notamment une absence de leadership politique, le démantèlement progressif de dispositifs anticorruption, ainsi que la multiplication des attaques contre l’État de droit et des restrictions visant l’espace civique.
Une majorité de pays en situation critique
Sur les 182 pays évalués cette année, 122 obtiennent un score inférieur à 50, seuil en deçà duquel la corruption dans le secteur public est considérée comme élevée. La grande majorité des pays ne parvient donc pas à maîtriser durablement la corruption, malgré des engagements affichés en matière de transparence et de bonne gouvernance.
Ces résultats confirment que la corruption reste un obstacle majeur au fonctionnement des institutions, à l’égalité devant la loi et à la confiance des citoyennes et citoyens envers l’action publique.
Un recul des modèles les plus vertueux
Autre enseignement marquant : la diminution du nombre de “bons élèves”.
Seuls 5 pays dépassent aujourd’hui le score de 80/100, contre 12 il y a dix ans. Cette érosion progressive des modèles les plus vertueux illustre la fragilité des acquis en matière de lutte contre la corruption, y compris dans les pays historiquement bien classés.
Les exemples de bonnes pratiques existent toujours, mais ils sont de moins en moins nombreux et peinent à faire école à l’échelle internationale.

Des dynamiques régionales contrastées
La dégradation des scores touche la plupart des régions du monde, mais de manière inégale. Le recul est particulièrement marqué dans les Amériques et en Europe occidentale, où plusieurs démocraties établies enregistrent une baisse significative de leur score.
À l’inverse, la dynamique apparaît plus contenue en Asie-Pacifique ainsi qu’en Europe centrale et orientale, même si ces régions restent confrontées à des défis structurels importants.
Corruption, accès à la justice et espace civique : des liens étroits
Les données de l’IPC 2025 mettent également en évidence un lien fort entre niveau de corruption, accès à la justice et état de l’espace civique. Les pays où l’accès à la justice est limité et où les libertés civiques sont restreintes affichent, en moyenne, des niveaux de corruption plus élevés.
À l’inverse, les sociétés disposant d’institutions judiciaires indépendantes et d’un espace civique ouvert sont mieux armées pour prévenir, détecter et sanctionner les faits de corruption.

La corruption n’est pas une inévitable
Malgré cet énième signal d’alerte, Transparency International France rappelle que la corruption n’est pas inévitable. La protection des démocraties passe par des choix politiques clairs :
- garantir et renforcer l’accès à la justice,
- préserver un espace civique ouvert,
- et défendre sans relâche l’État de droit.
Ces leviers sont essentiels pour lutter efficacement contre la corruption et restaurer la confiance démocratique.